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Monday, September 28, 2009

Quand le superflu passe avant l'essentiel

"Comment se résigner, quand on voit que le superflu des uns est sans limites, alors que l'essentiel des autres n'est même pas satisfait?"

Bande-annonce du Syndrôme du Titanic, de Nicolas Hulot et Jean-Albert Lièvre.

Thursday, March 5, 2009

Ego and consumerism

"Ego-identification with things creates attachment to things, obsession with things, which in turn creates our consumer society and economic structures where the only measure of progress is always more. The unchecked striving for more, for endless growth, is a dysfunction and a disease. It is the same dysfunction the cancerous cell manifests, whose only goal is to multiply itself, unaware that it is bringing about its own destruction by destroying the organism of which it is a part. [...]
The physical needs for food, water, shelter, clothing, and basic comforts could be easily met for all humans on the planet, were it not for the imbalance of resources created by the insane and rapacious need for more, the greed of the ego. It finds collective expression in the economic structures of this world, such as the huge corporations, which are egoic entities that compete with each other for more. Their only blind aim is profit. They pursue that aim with absolute ruthlessness. Nature, animals, people, even their own employees, are no more than digits on a balance sheet, lifeless objects to be used, then discarded."

Eckhart Tolle, A New Earth - Awakening to your life's purpose, chapter "Ego: the current state of humanity".

Saturday, November 29, 2008

Casseurs de pub

Un très bon réquisitoire contre la pub.
Morceaux choisis :

"Nous nous « humanisons » grâce à certaines « valeurs » : les valeurs qui motivent notre engagement sont la liberté, l’égalité, la fraternité, comme il est écrit sur le fronton des mairies de notre pays, mais aussi l’amitié, le partage, la tolérance et le respect de la différence, ou encore le souci des plus faibles d’entre nous. Les seules valeurs de la pub ce sont le fric, la compétition, la loi du plus fort. [...]

C’est ainsi qu’ils font basculer la société entière dans la consommation. Une société où la consommation n’est plus un moyen mais une fin en soi. Une société qui sacralise le profane – la science, la consommation ou l’argent, et qui profane le sacré, c’est-à-dire les valeurs : la Liberté, l’Égalité ou la Fraternité. La pub fait tout pour nous faire oublier que nous sommes des êtres humains. Elle nous réduit à l’état de consommateurs malades et toujours plus voraces. [...]

Pour nous manipuler les publicitaires affirment que nous sommes suffisamment intelligents pour ne pas être influencés par la pub. Dans ce cas, à quoi sert la pub, dont la raison d’être est de vanter un produit, d’influencer notre avis par la mise en scène de messages publicitaires savamment composés, si ce n’est à nous pousser à choisir telle marque plutôt que telle autre ? La rhétorique des publicitaires est la même que celle des fabricants de cigarettes, d’alcool ou d’armes, d’ailleurs les publicitaires travaillent souvent pour eux. Les publicitaires disent que ceux qui critiquent la pub prennent les gens pour des imbéciles. À nouveau, en utilisant ce type d’argument, les publicitaires s’en prennent directement à l’Homme. Car si ce qui définit l’Homme est sa liberté, sa faiblesse caractérise son humanité. Nous sommes humains donc manipulables, influençables, conditionnables. [...]

Pourquoi la pub est-elle une machine à casser la nature ? Parce que la pub pousse les gens à consommer toujours plus. La publicité sert à inventer de faux besoins pour écouler la production toujours croissante d’objets du système industriel. La planète ne peut plus soutenir la boulimie des pays riches. Les ressources naturelles sont surexploitées pour produire ces objets qui deviendront autant de déchets polluants. [...]

La « culture pub » n’existe pas, la pub c’est l’anticulture. La culture nous humanise, elle réenchante le monde. La pub réduit l’Homme à un tube digestif dont l’unique fonction est de consommer. [...]"

Casseurs de pub.

Thursday, July 24, 2008

Nous sommes des voleurs

"J'estime qu'en un sens, nous sommes des voleurs. Si je m'empare de quelque chose dont je n'ai pas besoin pour mon usage immédiat, c'est à quelqu'un d'autre que je le vole. Je dirais même qu'il y a là une loi fondamentale de la Nature et qui ne souffre aucune exception : la Nature produit en quantité suffisante ce qu'il nous faut jour après jour, et si chacun se contentait de ne prendre que ce dont il a lui-même besoin, sans plus, alors il n'y aurait plus de paupérisme en ce monde et on n'y verrait plus personne mourir de faim. Mais aussi longtemps que nous entretenons cette inégalité nous sommes des voleurs. Je ne suis pas socialiste et je ne cherche à déposséder personne des biens qu'il a acquis. Mais je déclare sans ambages que pour voir la lumière jaillir des ténèbres, il faut suivre cette règle. Si je voulais déposséder quelqu'un, j'agirais contrairement aux règles de l'ahimsa. Si quelqu'un d'autre possède plus que moi, laissez-le. Mais, en ce qui concerne ma règle de vie, je dois dire que je n'oserai jamais posséder ce dont je n'ai pas besoin. Nous avons en Inde trois millions de personnes qui doivent se contenter d'un seul repas par jour, lequel repas se résume à un chapati, sans la moindre graisse, et à une pincée de sel. Vous autant que moi, nous n'avons le droit à rien de ce que nous possédons aussi longtemps que ces trois millions d'hommes ne seront pas habillés et mieux nourris. Vous et moi, nous devrions mieux connaître quels sont nos besoins, les tempérer et même nous priver volontairement de nourriture pour permettre à tous ces malheureux d'être soignés, nourris et vêtus."

Mohandas Gandhi, Tous les hommes sont frères, chapitre "La pauvreté au coeur de l'abondance".

Sunday, July 20, 2008

Une paix durable

"On ne pourra obtenir une paix durable que le jour où tous les responsables renonceront, sans aucune réserve et en toute connaissance de cause, à faire usage des engins de destruction dont ils ont le contrôle. Il va de soi qu'on ne pourra y parvenir que si les Grandes Puissances renoncent à leurs visées imprérialistes. Pour ce, il faudrait qu'à leur tour les grandes nations n'attachent plus le moindre crédit à une concurrence qui nous mine et renoncent à vouloir multiplier leurs besoins, ce qui suppose au départ un refus d'accroître ses possessions matérielles."

Mohandas Gandhi, Tous les hommes sont frères, chapitre "La paix internationale".

Tuesday, July 15, 2008

Limiter ses besoins

"La civilisation, au vrai sens du terme, ne consiste pas à multiplier les besoins, mais à les limiter volontairement. C'est le seul moyen pour connaître le vrai bonheur et nous rendre plus disponibles aux autres.

Il faut un minimum de bien-être et de confort ; mais, passé cette limite, ce qui devait nous aider devient source de gêne. Vouloir créer un nombre illimité de besoins pour avoir ensuite à les satisfaire n'est que poursuite du vent. Ce faux idéal n'est qu'un traquenard. Il faut savoir imposer une limite à ses propres besoins, physiques et même intellectuels, sinon la nécessité de les satisfaire devient recherche de la volupté. Nous devons nous arranger pour que nos conditions de vie, sur le plan metériel et culturel, ne nous empêchent pas de servir l'humanité, mission qui doit mobiliser toute notre énergie."

Mohandas Gandhi, Tous les hommes sont frères, chapitre "La maîtrise de soi".

De plus cela nous éviterait d'épuiser les ressources de notre planète trop rapidement !

Monday, December 31, 2007

Tu n'as pas voulu ce malheur artificiel

Finissons l'année sur une citation assez pessimiste, afin de ne pas commencer la nouvelle année sur cette note (bien que vous la lirez sûrement début 2008) !
Je la dédicace à Davy (et à tous ceux qui voudraient changer le monde sans savoir comment commencer).

"Le règne de la marchandise suppose qu'on en vende: ton boulot consiste à convaincre les consommateurs de choisir le produit qui s'usera le plus vite. Les industriels appellent cela « programmer l'obsolescence ». Tu seras prié de fermer les yeux et de garder tes états d'âme par-devers toi. Oui, comme Maurice Papon, tu pourras toujours te défendre en clamant que tu ne savais pas, ou que tu ne pouvais pas faire autrement, ou que tu as essayé de ralentir le processus, ou que tu n'étais pas obligé d'être un héros... Reste que chaque jour, pendant dix ans, tu n'as pas bronché. Sans toi les choses auraient peut-être pu se passer autrement. On aurait sans doute pu imaginer un monde sans affiches omniprésentes, des villages sans enseignes Kienlaidissentout, des coins de rue sans fast-foods, et des gens dans ces rues. Des gens qui se parlent. La vie n'était pas obligée d'être organisée ainsi. Tu n'as pas voulu tout ce malheur artificiel. Tu n'as pas fabriqué toutes ces autos immobiles (2,5 milliards de bagnoles sur Terre en 2050). Mais tu n'as rien fait pour redécorer le monde. L'un des dix commandements de la Bible dit: « Tu ne feras point d'image taillée ni de représentation... et tu ne te prosterneras pas devant elles. » Tu es donc, comme le monde entier, pris en flagrant délit de péché mortel. Et la punition divine, on la connaît: c'est l'Enfer dans lequel tu vis."

Frédéric Beigbeder, dans 14,99 € (cité par Bernard Maris dans l'Antimanuel d'économie. 1. Les fourmis, chapitre "Le partage de la richesse").

Friday, December 28, 2007

Winds of change:

"What seemed so evident to early readers of Small is beautiful still seems painfully opaque to the world today. When the book was first published, many thought that change would come about through insight, logic, compassion, and reason. Increasingly, it seems that change will come about after we have exhausted every other theory of greed and gain, and the winds of change are no longer metaporical, but force five hurricanes destroying whole regions.
That the world should become so immune to its own losses seemed inconceivable 25 years ago. Now that we have re-learned how remarkably obtuse humankind can be when dazzled by monetary and material gain, we must shine the light all the brighter on the singularity and prescience of Schumacher's work and vision."

Paul Hawken, commenting Small is beautiful, by E. F. Schumacher, in the 2000 edition.

Although the link between hurricanes intensity and frequency and global warming is still controversial scientifically and the subject of active research, I find the parallel with the phrase "winds of change" quite appealing. And anyway there are many other threats posed by global warming that justify the above quote.

Tuesday, December 25, 2007

La monnaie-trompe-la-mort

Une analyse psychologique intéressante de l'attrait de l'argent:

"Mais pourquoi suis-je atteint par cette boulimie d'avoir(s) ? Pourquoi cette soif inextinguible d'accumulation de capital qui agite l'humanité, surtout ceux qui ont déjà le plus accumulé ? La volonté de pouvoir ? Mais pourquoi ? L'hypothèse freudienne: l'angoisse de la mort. Posséder, jusqu'à satiété, biens matériels et symboles qui y sont associés rassure en procurant un ersatz d'éternité. Mais le leurre ne trompe pas longtemps les assoiffés. Aussi ne peut-il fonctionner qui si la possession de capital est réservée à une frange minoritaire maintenant à distance la plèbe majoritaire. Si j'ai et que tu n'as pas, je suis (ou, du moins, je crois que je suis) plus que toi. Cette soif de capital exprime la tentative désespérée de l'homme de fuir sa condition ou de lui trouver un exutoire. Le spectre de la mort est éloigné et exorcisé par la passion de la richesse assouvie grâce à l'argent. Comme ils sont tous promis au même sort, les angoissés se détendent en prenant la substance de l'autre.
La monnaie est le reflet des antagonismes sociaux et en même temps le moyen de canaliser la violence présente dans les sociétés humaines à l'intérieur de rails à peu près supportables, c'est-à-dire vers cette soif de richesse, exutoire à l'angoisse morbide le plus accessible, et susceptible de dégénérer de façon un peu moins violente que le fanatisme religieux ou la conquête du pouvoir: la monnaie comme substitut aux rites sacrificiels, l'exploitation de l'homme par l'homme comme vestige de l'anthropophagie."

Jean-Marie Harribey, La Démence sénile du capital (cité par Bernard Maris dans l'Antimanuel d'économie. 1) Les fourmis, chapitre "L'argent").

Thursday, December 20, 2007

Living in a limited world

"An attitude to life which seeks fulfillment in the single-minded pursuit of wealth - in short, materialism - does not fit into this world, because it contains within itself no limiting principle, while the environment in which it is placed is strictly limited."

(E. F. Schumacher, Small is beautiful).