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Sunday, January 27, 2013

Hymne à l'hiver

"Qu'ils ont de la chance les peuples qui vivent l'hiver ! Ces quelques mois trop courts pour les uns, trop longs pour les autres, obligent à une adaptation sans cesse renouvelée, année après année. Changement de rythme, de vêtements, de loisirs, de nourriture, ces mois de blancheur proposent l'alternance. Cette périodicité est vitale. L'auteur blotti au fond d'un café griffonne et rafistole les mots qui seront chantés l'été prochain. Chacun doit user d'imagination pour faire face aux rigueurs de l'hiver, fréquemment perçu comme un obstacle... On entend souvent dire: «Il est âgé, passera-t-il l'hiver ?». Une frontière vers l'inconnu. Vouloir améliorer son sort, vivre plus facilement, voilà le propre de tout être intelligent et l'hiver contribue particulièrement bien à cette recherche de solutions. À nous de profiter de cette occasion. Plusieurs sociétés modernes ne cherchent pas à s'adapter, mais plutôt à éliminer les obstacles, les embûches. Quel dommage !

On veut éradiquer cette saison, standardiser nos vies. Les villes repoussent et pelletent l'hiver... mais l'hiver s'accroche. Il orne les balcons et dissimule les imperfections. Les enfants glissent, les joues rose saumon.

L'hiver est long pour celui qui lui tourne le dos. L'hiver est froid pour celui qui ne le touche pas."

Bernard Voyer, explorateur, "Aniu", chapitre "Neige".

Thursday, March 8, 2012

How do you know whether you have really understood something?

"The physicist Ernest Rutherford once said, in essence, that if you can't explain a result in simple, nontechnical terms, then you don't really understand it. He wasn't saying that this means your result is wrong; rather, he was saying that it means you do not fully understand its origin, meaning, or implications."

Brian Greene, "The elegant universe" (p. 203).

This rejoins this famous French quotation:

"Ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement,
Et les mots pour le dire arrivent aisément."

Nicolas Boileau, "L'Art poétique".

Sunday, July 11, 2010

L'important

"Mais les évènements importants restent toujours ignorés du monde - comme cet enfant qui a pu regarder, émerveillé, un papillon voler, sans le tuer."

Iouri Norstein, Courrier International no 784.

Tuesday, December 8, 2009

Actively resisting

Six degrees by Mark Lynas is the most poignant wake-up call for humanity about fighting global warming that I have read so far. Sometimes it sounds like science fiction, as the possible consequences of a runaway global warming are almost beyond imagination. But it is all based on hard science (Mark Lynas does not invent anything, he draws everything from the scientific litterature), from the state-of-the-art computer projections to the lessons from the past buried in sediments and ice cores.

I would like to reproduce here his vivid conclusion for his chapter "six degrees", as a reminder of what is at stake at the on-going Copenhagen conference.

"Extreme global warming may not be a survival crisis for humanity as a species, but it will certainly be a survival crisis for most humans unfortunate enough to inhabit a rapidly warming planet, and that situation is surely bad enough. Stalin was wrong to say that a million deaths is merely a statistic; that is one of the reasons why he is still hated today. Every human death, of every baby, every mother, every brother, father, or sister, will be a unique tragedy about which the whole world should grieve - not the least because such an outcome is still today avoidable. [...]
So far as we yet know, Earth is the only planet in the entire universe that has summoned forth life in all its brilliance and variety. To knowingly cut this flowering short is undoubtedly a crime, one more unspeakable even than the cruelest genocide or most destructive war. If each person is uniquely valuable, each species is surely more so. I can see no excuses for collaborating in such a crime. As the postwar Nuremberg trials established, ignorance is no defense, nor is merely following orders. To me the moral path lies not in passively accepting our destructive role, but in actively resisting such a horrendous fate.
As I stated at the beginning of this book, nothing in the future is set in stone. We still have the power - though it diminishes every day - to alter te ending of this terrible drama. It need not yet end in tragedy, and to make this point more clearly the next and final chapter will examine our options for avoiding each successive degree rise in temperature. There, and only there, hope lies.
As Dylan Thomas wrote:

Do not go gentle into that good night,
Old age should burn and rave at close of day;
Rage, rage against the dying of the light."

Sunday, May 3, 2009

Lorsque l'Enfant Paraît


Lorsque l'enfant paraît, le cercle de famille
Applaudit à grands cris.
Son doux regard qui brille
Fait briller tous les yeux,
Et les plus tristes fronts, les plus souillés peut-être,
Se dérident soudain à voir l'enfant paraître,
Innocent et joyeux.

Soit que juin ait verdi mon seuil, ou que novembre
Fasse autour d'un grand feu vacillant dans la chambre
Les chaises se toucher,
Quand l'enfant vient, la joie arrive et nous éclaire.
On rit, on se récrie, on l'appelle, et sa mère
Tremble à le voir marcher.

Quelquefois nous parlons, en remuant la flamme,
De patrie et de Dieu, des poètes, de l'âme
Qui s'élève en priant ;
L'enfant paraît, adieu le ciel et la patrie
Et les poètes saints ! la grave causerie
S'arrête en souriant.

La nuit, quand l'homme dort, quand l'esprit rêve, à l'heure
Où l'on entend gémir, comme une voix qui pleure,
L'onde entre les roseaux,
Si l'aube tout à coup là-bas luit comme un phare,
Sa clarté dans les champs éveille une fanfare
De cloches et d'oiseaux.

Enfant, vous êtes l'aube et mon âme est la plaine
Qui des plus douces fleurs embaume son haleine
Quand vous la respirez ;
Mon âme est la forêt dont les sombres ramures
S'emplissent pour vous seul de suaves murmures
Et de rayons dorés !

Car vos beaux yeux sont pleins de douceurs infinies,
Car vos petites mains, joyeuses et bénies,
N'ont point mal fait encor ;
Jamais vos jeunes pas n'ont touché notre fange,
Tête sacrée ! enfant aux cheveux blonds ! bel ange
À l'auréole d'or !

Vous êtes parmi nous la colombe de l'arche.
Vos pieds tendres et purs n'ont point l'âge où l'on marche.
Vos ailes sont d'azur.
Sans le comprendre encor vous regardez le monde.
Double virginité ! corps où rien n'est immonde,
Âme où rien n'est impur !

Il est si beau, l'enfant, avec son doux sourire,
Sa douce bonne foi, sa voix qui veut tout dire,
Ses pleurs vite apaisés,
Laissant errer sa vue étonnée et ravie,
Offrant de toutes parts sa jeune âme à la vie
Et sa bouche aux baisers !

Seigneur ! préservez-moi, préservez ceux que j'aime,
Frères, parents, amis, et mes ennemis même
Dans le mal triomphants,
De jamais voir, Seigneur ! l'été sans fleurs vermeilles,
La cage sans oiseaux, la ruche sans abeilles,
La maison sans enfants !

Victor Hugo


Je dédicace ce poème (envoyé par ma soeur Lauriane pour l'occasion) à mon fils, Anaël, né le 1er mai 2009.

Thursday, June 5, 2008

Poème

Belle strophe dont l'auteur n'est pas précisé (si quelqu'un le reconnaît, merci de me le dire):

"Homme libre, la mer est ton miroir tu contemples ton âme."

Cité par Geneviève Ferone, 2030, le krach écologique, chapitre "Terre et mer nourricières ?".