Monday, November 10, 2008

Economics needs a scientific revolution

Today, I read in last week's issue of Nature an excellent short essay about economics science, written by Jean-Philippe Bouchaud, head of research of Capital Fund Management and a physics professor at École Polytechnique in France. Extracts :

"Compared with physics, it seems fair to say that the quantitative success of the economic sciences has been disappointing. Rockets fly to the Moon; energy is extracted from minute changes of atomic mass. What is the flagship achievement of economics? Only its recurrent inability to predict and avert crises, including the current worldwide credit crunch.

Why is this so? Of course, to paraphrase Isaac Newton, modelling the madness of people is more difficult than modelling the motion of planets. But statistical regularities should emerge in the behaviour of large populations, just as the law of ideal gases emerges from the chaotic motion of individual molecules. To me, the crucial difference between modelling in physics and in economics lies rather in how the fields treat the relative role of concepts, equations and empirical data.

Classical economics is built on very strong assumptions that quickly become axioms: the rationality of economic agents (the premise that every economic agent, be that a person or a company, acts to maximize his profits), the 'invisible hand' (that agents, in the pursuit of their own profit, are led to do what is best for society as a whole) and market efficiency (that market prices faithfully reflect all known information about assets), for example. An economist once told me, to my bewilderment: "These concepts are so strong that they supersede any empirical observation." As economist Robert Nelson argued in his book, Economics as Religion (Pennsylvania State Univ. Press, 2002), the marketplace has been deified.

Physicists, on the other hand, have learned to be suspicious of axioms. If empirical observation is incompatible with a model, the model must be trashed or amended, even if it is conceptually beautiful or mathematically convenient. So many accepted ideas have been proven wrong in the history of physics that physicists have grown to be critical and queasy about their own models. [...]

The supposed omniscience and perfect efficacy of a free market stems from economic work done in the 1950s and 1960s, which with hindsight looks more like propaganda against communism than plausible science. In reality, markets are not efficient, humans tend to be over-focused in the short-term and blind in the long-term, and errors get amplified, ultimately leading to collective irrationality, panic and crashes. Free markets are wild markets. [...]

Surprisingly, classical economics has no framework through which to understand 'wild' markets, even though their existence is so obvious to the layman. Physics, on the other hand, has developed several models that explain how small perturbations can lead to wild effects. The theory of complexity shows that although a system may have an optimum state, it is sometimes so hard to identify that the system never settles there. This optimum state is not only elusive, it is also hyper-fragile to small changes in the environment, and therefore often irrelevant to understanding what is going on. There are good reasons to believe that this paradigm should apply to economic systems in general and financial markets in particular. We need to break away from classical economics and develop completely different tools. Some behavioural economists and econo-physicists are attempting to do this now, in a patchy way, but their fringe endeavour is not taken seriously by mainstream economics.

While work is done to enhance models, regulation also needs to improve. Innovations in financial products should be scrutinized, crash-tested against extreme scenarios outside the realm of current models and approved by independent agencies, just as we have done with other potentially lethal industries (chemical, pharmaceutical, aerospace, nuclear energy).

Crucially, the mindset of those working in economics and financial engineering needs to change. Economics curricula need to include more natural science. The prerequisites for more stability in the long run are the development of a more pragmatic and realistic representation of what is going on in financial markets, and to focus on data, which should always supersede perfect equations and aesthetic axioms."


Sunday, November 9, 2008

Limites de l'action

"Il est juste et bon d'agir, mais il est bon aussi de se rendre compte des limites de l'action et d'accepter de n'être qu'humain, fini. Le cercle infernal est alors brisé, le cercle du perfectionnisme, le cercle de la course aux résultats, à l'efficacité. Vient alors l'action équilibrée, sereine, qui a renoncé à l'idéalité."

Soeur Emmanuelle, Vivre, à quoi ça sert ?, chapitre "Jouir".

Le problème est que notre mode de vie, basé sur la compétition, nous pousse à cette course aux résultats, à l'efficacité, à devenir des "sur-hommes". L'action sereine est-elle possible, pour qui veut survivre dans notre monde de fous ?

Thursday, November 6, 2008

Limites de la raison

"L'argument concret de l'existence tempérait l'échec du raisonnement abstrait. [...]
Le Dieu vivant qui se révèle à l'homme vivant ne se trouve ni à force de raisonnement ni au bout d'une lorgnette. Croyant ou non croyant, il faut se méfier d'un pur intellectualisme, évasion du réel et de l'action. Croyant ou non croyant, il faut se méfier de l'impérialisme de la raison. Livrée à sa seule puissance, la raison se croit capable de tout, de tout embrasser, de tout maîtriser. Ce qui m'a sauvée, c'est de me heurter aux limites de la raison et de, finalement, y consentir."

Soeur Emmanuelle, Vivre, à quoi ça sert ?, chapitre "La raison paradoxale".

Je suis conscient des limites de la raison, notament qu'elle ne permet pas de prouver ni réfuter l'existence de Dieu. Mais pour croire, il me manque "l'argument concret de l'existence"...

Tuesday, November 4, 2008

Wind of change

Tonight, this chorus from the Scorpions song "Wind of change" keeps playing in my head:

"Take me to the magic of the moment
On a glory night
Where the children of tomorrow dream away
In the wind of change"

Tonight, I am proud of the American people !
Obama, there are so many things to change, I count on you.

Monday, November 3, 2008

La soif de domination

"Jetons d'abord un regard sur la fascination du pouvoir, cette soif de domination dont on retrouve les ravages en tout temps et en tout lieu. Quelle lutte implacable pour devenir le leader incontesté d'une entité politique, religieuse, industrielle, mafieuse ou même familiale ! Tous les moyens sont bons pour écraser l'adversaire ou le gêneur. Nous sommes là, pour ainsi dire, au commencement du monde : "Caïn se jeta sur son frère Abel et le tua" (Genèse 4, 8). Cette fièvre qui monte au cerveau ne surgit-elle pas d'un instinct primaire de meurtre, d'élimination de l'autre, ancré dans la chair au point d'étouffer l'esprit ?"

Soeur Emmanuelle, Vivre, à quoi ça sert ?, chapitre "La pensée et la matière".

Au risque de choquer, je dirais que ceci décrit parfaitement les motivations ultimes que je vois derrière la compétition, quelle qu'elle soit, et ce pourquoi j'en suis venu à l'abhorrer. Je la tolère lorsqu'il s'agit de jouer (sports, échecs, etc ...), mais je la dénonce lorsqu'il s'agit de pouvoir subvenir à ses besoins vitaux, ce qui nous ramène tout simplement à la loi de la jungle.

Saturday, November 1, 2008

Un esprit sain dans un corps sain

"C'est une fausse piste - et combien décevante ! - que de vouloir sortir de notre contradiction essentielle en niant en nous la bête, le corps, la matière. J'en sais quelque chose. Toute une partie de ma jeunesse religieuse, j'ai lutté pied à pied contre les "tendances de la chair", que je croyais coupables. Je me forçais à peu manger, à moins dormir, à me donner la discipline. Résultat : j'étais de plus en plus tendue, sur les nerfs. Je perdais facilement patience et devenais désagréable avec mes élèves. Jusqu'au jour où un confesseur intelligent me fit comprendre que, loin que les pulsions constituent des péchés, elles font partie de la nature humaine et ne sont en soi ni bonnes ni mauvaises. Il s'agissait, plutôt que d'entrer en lutte avec elles, de les gérer en agissant d'abord sur le corps lui-même : avoir une nourriture saine et suffisante, équilibrer son sommeil, faire du sport."

Soeur Emmanuelle, Vivre, à quoi ça sert ?, chapitre "La pensée et la matière".

Je suis content d'entendre ça de quelqu'un comme Soeur Emmanuelle !
C'est un des seuls aspects de la philosophie de Gandhi avec lequel je ne suis pas d'accord, à savoir qu'il faut renoncer aux plaisirs de la chair car ils abaissent l'âme. Gandhi avait fait voeu de ne plus faire l'amour avec sa femme et ne mangeait rien d'épicé, par example.
Pour moi si nous avons des sens qui peuvent nous donner des sensations agréables, c'est bien pour en profiter, il faut simplement faire attention de n'en pas devenir esclave.

Wednesday, October 29, 2008

Perversion de la pensée

"Tout d'abord, le mal-penser est partout. Tous les genres de totalitarisme en donnent de sombres et suprêmes exemples. Au nom d'un faux idéal, on massacre des milliers, voire des millions d'hommes. On arrive même à faire de sa propre mort un instrument de gloire. Celui qui se tue pour provoquer la tuerie de ceux qui ne pensent pas comme lui est à ses yeux et à ceux de ses partisans le héros, le "martyr" d'une cause sacrée. Il entre dans une action qui est pour lui d'une telle grandeur qu'elle ne souffre pas le moindre doute quant à son bien-fondé. Que ce soit dans le domaine politique, comme Hitler, ou dans le domaine religieux, comme un certain islam dévoyé, la racine de la perversion de la pensée est l'idolâtrie : l'idée est devenue un dieu. Dès lors, ce bien dépasse tous les biens et transforme quelque mal que ce soit en un "Super-Bien". On est hypnotisé au point d'en perdre la raison."

Soeur Emmanuelle, Vivre, à quoi ça sert ?, chapitre "La pensée et la matière".

Sunday, October 26, 2008

Le nez dans le guidon

"Le divertissement est roi : dans un tourbillon vertigineux, il offre une succession de plaisirs ou de devoirs à honorer sans cesse pour échapper au vide. On se noie dans la fête, la consommation, le travail, l'activisme. Le nez dans le guidon, un tour de roue doit impérativement succéder à l'autre pour nous empêcher de tomber, sans que jamais une orientation, un horizon, un sens, enfin, soit contemplé et visé."

Soeur Emmanuelle, Vivre, à quoi ça sert ?, chapitre "L'inquiétude du sens".

Wednesday, October 22, 2008

Le propre de l'homme

"Le propre de l'homme, dans sa grandeur et sa misère, est de chercher, de ne pas se satisfaire de son état ou de convictions prêtes à porter."

Soeur Emmanuelle, Vivre, à quoi ça sert ?, chapitre "L'inquiétude du sens".

Saturday, October 18, 2008

Convergent and divergent problems

"[We must] recover the awareness that there are higher and lower levels of knowledge. The lower level deals with what [Schumacher] termed "convergent" problems, that are solvable through logic or scientific research. "Divergent" problems, on the other hand, are those that require accomodating irreconcilable things in ways that challenge our central convictions. They require us to know that what we believe can only be resolved by a higher level of reasoning grounded in "love, beauty, goodness, and truth"."

David Orr, commentary in E.F. Schumacher Small is beautiful.

I am a person who likes when a problem can be solved by logic (that's why I chose to become a researcher), and hates when it cannot, because then I don't know which of the many possible solutions to choose, and whether I will choose the best one. This is when you have to listen to our heart, and put your reason on the side.