Wednesday, November 12, 2008

Plaisir ou bonheur ?

"Le jour vient où, entre le plaisir et le bonheur, il faut choisir."

Soeur Emmanuelle, Vivre, à quoi ça sert ?, chapitre "Jouir".

6 comments:

danielbroche said...

mais est ce qu'on s'en rend compte le moment venu ou seulement a postériori ?

Davy said...

D'accord pour dire qu'il faut parfois sacrifier son plaisir pour atteindre et conserver le bonheur.

Mais pour moi le bonheur inclut et ne peut être atteint sans tout un tas de petits plaisirs qui donnent son goût à la vie.

Il n'y a pas un moment, mais des moments où il faut faire des sacrifices. La plupart du temps, on n'a même pas conscience de faire un choix.

Opinion toute personnelle que je ne développerai malheureusement pas aujourd'hui car au plaisir de m'exprimer, je dois sacrifier au boulot à faire qui aujourd'hui est une condition sine qua nonde mon bonheur (disons plutôt que ne pas le faire me pousserait fortement vers le malheur, à moins que ce ne soit que du déplaisir ?)

Cedric said...

Cette formule très courte utilisée par Soeur Emmanuelle résume un long développement où elle explique que le moteur de la société actuelle est la recherche de la jouissance, que ce soit la jouissance physique (sexe, nourriture, etc...) ou intellectuelle (plaisir d'acquérir de nouvelles connaissances, gratification de l'égo par la réussite professionnelle ou la renommée, etc...). Mais tout ceci ne sert qu'à combler, sans jamais y parvenir, notre vide intérieur, l'absurdité de nos existences.
Elle donne des exemples de personnes qu'elle a connu, dont les aspirations et rêves originaux ont été brisés par des évènements ou conditions particulières de leur vie, ce qui paradoxalement a permis a ces personnes de trouver le vrai bonheur. Elle conclut :
"la projection imaginaire de soi-même et de sa réussite s'est déchirée. Il faut souhaiter à chaque humain ce décapage, si douloureux qu'il soit. Vidé de ses chimères, grelottant, tout ramage et plumage arrachés, son coeur dépouillé devient un gouffre. Place est faite, alors, pour la vérité."

Il s'agit donc en effet d'une étape fondamentale dans une vie humaine, non pas uniquement d'une suite de moments. Cette étape peut durer des années, comme pour Soeur Emmanuelle elle-même, ou être déclenchée brutalement par un évènement qui change la vie. Je n'ai pas atteint cette étape, et je ne sais pas si chaque personne peut l'atteindre dans sa vie, cela dépend des choix que nous faisons sur le sens que nous voulons donner à notre vie.

Davy said...

Pour ma part, j'ai l'impression d'être passé par la "machine à laver la vie" qu'elle décrit et de bien percevoir la vanité de la jouissance sous toutes ses formes.
Pour autant je n'ai pas eu la révélation du "vrai bonheur" ou du moins je maintiens qu'il est fait de petits plaisirs simples.
Je pense m'être débarassé de mes préjugés sur la réligion, mais je ne peux m'empêcher de voir un peu d'illumination dans ce que tu cites.
M'enfin, cela mérite néanmoins réflexion. A suivre

danielbroche said...

Ce qui manque à cette citation c'est comment elle conçoit le bonheur

Car le bonheur peut signifier un état de stabilité peu propice à l'amélioration générale

Tandis que le plaisir est un puissant levier qui peut être mis au service d'une cause générale

Pas si évident

Cedric said...

Bon point, Dany !
Mais je pense que Soeur Emmanuelle conçoit le bonheur comme passant par le service aux autres (voir cette citation ou celle-là).
Donc pas de risque de petit bonheur isolé qui ne fait plus rien avancer.

En revanche, avec le plaisir, il faut faire attention que ce puissant levier ne soit pas détourné à l'opposé de la cause générale, comme il a une fâcheuse propension naturelle à le faire ("je veux tout pour moi", exploitation, domination, viols, etc...).