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Sunday, July 27, 2008

Capitalisme, Communisme, et le juste milieu

"En faisant appel à la méthode non-violente, c'est le capitalisme et non le capitaliste que nous cherchons à détruire. Nous invitons ce dernier à se considérer lui-même comme le mandataire de ceux dont il dépend pour l'acquisition, le maintien et l'accroissement de son capital. Pas besoin pour le travailleur d'attendre que le capitaliste se convertisse. Si le capital est source de puissance, il en va de même pour le travail. Chacune de ces deux forces peut s'employer à des fins créatrices ou destructrices. Chacune est tributaire de l'autre. Aussitôt que le travailleur prend conscience de sa force, il se trouve en position de devenir le coassocié du capitaliste au lieu de rester son esclave. Si, en revanche, le travailleur cherche à s'emparer de tout, il y a de fortes chances pour qu'il tue alors la poule aux oeufs d'or."

Mohandas Gandhi, Tous les hommes sont frères, chapitre "La pauvreté au coeur de l'abondance".

Thursday, July 24, 2008

Nous sommes des voleurs

"J'estime qu'en un sens, nous sommes des voleurs. Si je m'empare de quelque chose dont je n'ai pas besoin pour mon usage immédiat, c'est à quelqu'un d'autre que je le vole. Je dirais même qu'il y a là une loi fondamentale de la Nature et qui ne souffre aucune exception : la Nature produit en quantité suffisante ce qu'il nous faut jour après jour, et si chacun se contentait de ne prendre que ce dont il a lui-même besoin, sans plus, alors il n'y aurait plus de paupérisme en ce monde et on n'y verrait plus personne mourir de faim. Mais aussi longtemps que nous entretenons cette inégalité nous sommes des voleurs. Je ne suis pas socialiste et je ne cherche à déposséder personne des biens qu'il a acquis. Mais je déclare sans ambages que pour voir la lumière jaillir des ténèbres, il faut suivre cette règle. Si je voulais déposséder quelqu'un, j'agirais contrairement aux règles de l'ahimsa. Si quelqu'un d'autre possède plus que moi, laissez-le. Mais, en ce qui concerne ma règle de vie, je dois dire que je n'oserai jamais posséder ce dont je n'ai pas besoin. Nous avons en Inde trois millions de personnes qui doivent se contenter d'un seul repas par jour, lequel repas se résume à un chapati, sans la moindre graisse, et à une pincée de sel. Vous autant que moi, nous n'avons le droit à rien de ce que nous possédons aussi longtemps que ces trois millions d'hommes ne seront pas habillés et mieux nourris. Vous et moi, nous devrions mieux connaître quels sont nos besoins, les tempérer et même nous priver volontairement de nourriture pour permettre à tous ces malheureux d'être soignés, nourris et vêtus."

Mohandas Gandhi, Tous les hommes sont frères, chapitre "La pauvreté au coeur de l'abondance".

Wednesday, July 23, 2008

Des biens indispensables

"Selon moi, la structure économique de l'Inde et, par conséquent, celle du monde devrait être telle que personne ne pût souffrir d'insuffisance alimentaire ou d'un manque de vêtements. En d'autres termes, chacun devrait avoir assez de travail pour être à même de joindre les deux bouts. Et cet idéal ne peut être universellement atteint que si les moyens de production des biens indispensables à la vie restent sous le contrôle des masses. Ces biens devraient rester librement à la disposition de tous, comme il en est, ou du moins comme il devrait en être, de l'air et de l'eau que Dieu nous donne. Ces richesses ne devraient jamais être l'occasion d'une spéculation destinée à exploiter les autres. Il faudrait décréter injuste la monopolisation de ces biens par un groupe de pays, une nation ou une association de personnes. La négligence de ce principe élémentaire est cause de la misère à laquelle nous assistons aujourd'hui, non seulement dans cet infortuné pays, mais aussi en d'autres points du globe."

Mohandas Gandhi, Tous les hommes sont frères, chapitre "La pauvreté au coeur de l'abondance".

Wednesday, July 16, 2008

Socialisme authentique

"Le mot « socialisme » ne manque pas de beauté, car, si je ne m'abuse, il évoque l'idée d'une société dont tous les membres sont égaux sans qu'aucun ne soit grand ni petit. Dans le corps humain, la tête n'est pas supérieure au reste parce qu'elle occupe la position la plus haute. Il en est ainsi pour les membres d'une société.
Dans l'esprit du socialisme, le prince et le paysan, le riche et le pauvre, le patron et l'ouvrier sont sur un pied d'égalité. Pour reprendre un terme religieux, on pourrait dire que le socialisme ignore tout dualisme. Il veut l'unité parfaite. Si on jette un coup d'oeil sur les différentes sociétés qui existent dans le monde, on ne voit que dualité ou pluralité. L'unité, elle, brille par son absence... L'unité, selon mes propres vues, peut être parfaite sans empêcher une pluralité de modèles. [...]
Le socialisme, tel que je le conçois, a la pureté du cristal. Il exige par conséquent des moyens tout aussi purs pour arriver à ses fins. Des moyens impurs ne peuvent conduire qu'à une fin impure. Ce n'est pas par l'échafaud qu'on peut établir une véritable égalité entre le paysan et le prince, ou entre le patron et son employé. Le mensonge ne saurait conduire à la vérité. Seule une conduite véridique peut aboutir à la vérité. Peut-on dire que la non-violence et la vérité se ressemblent comme des frères jumeaux ? Absolument pas. L'une et l'autre sont indispensables pour former un tout unique. C'est pourquoi, parfois, on les compare aux deux faces d'une même pièce de monnaie. L'une est indissociable de l'autre. La valeur de la pièce est la même quel que soit le coté qu'on regarde et pourtant, d'une face à l'autre, les inscriptions diffèrent. Mais pour arriver à cette parfaite unité il faut une grande pureté. Que l'esprit ou le corps recèle une seule impureté et aussitôt le mensonge et la violence viennent y faire leur demeure.
En conséquence, seuls des socialistes, purs de coeur, non-violents et véridiques sauront bâtir une société authentiquement socialiste en Inde et dans le monde."

Mohandas Gandhi, Tous les hommes sont frères, chapitre "La fin et les moyens".

Je savais que Gandhi devait être socialiste, comment en aurait-il été autrement ? Sa phrase "Des moyens impurs ne peuvent conduire qu'à une fin impure" résume très bien les raisons de l'échec du communisme. Alors, 60 ans après la mort de Gandhi, nous est-il encore permis d'espérer pouvoir vivre un jour dans une société authentiquement socialiste, ou bien cette idéal est-il à ranger au rayon des utopies ?

Sunday, August 5, 2007

Solidarity

"From each according to his ability, to each according to his needs"

(Karl Marx, "Critique of the Gotha Program", cited by Howard Zinn in "Passionate Declarations", chapter "Economic justice: the American class system").

This is one of the three rules of Emmaüs, recalled by Abbé Pierre in "Mémoire d'un croyant" (chapter "Emmaüs"):
"Nous partageons: le plus costaud, qui apporte beaucoup à la communauté, n'a pas plus que le petit vieux improductif."

For me this is the fundamental concept underlying the left policies, and why I am a leftist.

Thursday, August 2, 2007

Of merit and talent

I love this one:

"Between persons of equal income there is no social distinction except the distinction of merit. Money is nothing: character, conduct, and capacity are everything. Instead of all the workers being levelled down to low wage standards and all the rich levelled up to fashionable income standards, everybody under a system of equal incomes would find her and his own natural level. There would be great people and ordinary people and little people, but the great would always be those who had done great things, and never the idiots whose mothers had spoiled them and whose fathers had left them a hundred thousand a year; and the little would be persons of small minds and mean characters, and not poor persons who had never had a chance. That is why idiots are always in favor of inequality of income (their only chance of eminence), and the really great in favor of equality."

(George Bernard Shaw, "The Intelligent Woman's Guide to Socialism", cited by Howard Zinn in "Passionate Declarations", chapter "Economic justice: the American class system")

Tuesday, July 31, 2007

Socialism vs capitalism

"The great worldwide interest in socialism - which continues, despite the way the original dream has been distorted in a number of countries around the world - is due, I believe, to what people have seen happen in capitalism - that the profit motive has had some terrible human consequences. People turned to socialism because of the belief that human beings - once their essential needs are taken care of - can be motivated to work and create by considerations other than monetary profit: self-respect, the respect of others, compassion for others, and community spirit."
(Howard Zinn, "Passionate Declarations", chapter "Economic justice: the American class system")

I feel driven by these motives, not at all by the profit motive of capitalism, like many people around the world I believe. That's why I think that capitalism is a very reductionist view of how humans interact with each other, how a society should work...

Saturday, July 14, 2007

Choix de société

Comme le dit l'Abbé Pierre (Mémoire d'un croyant), "l'Évangile, s'il n'est pas directement un message politique, a nécessairement des conséquences, de profondes répercussions dans le domaine politique."
Voici un passage du chapitre intitulé "Frères humains":

"Voulons-nous une société solidaire, qui serve en premier les plus faibles et les plus souffrants ? Ou au contraire une société individualiste qui laisse les forts écraser les faibles ou qui les abandonne au bord du chemin ? Dans le premier cas, nous lutterons de toutes nos forces pour réduire les inégalités et nous garantirons une paix sociale durable. Dans l'autre, nous laisserons croître les disparités et les situations d'injustice, et nous serons confrontés à une constante colère sociale. N'est-ce pas malheureusement la voie dans laquelle nos sociétés les plus riches semblent avoir choisi de s'engager ?" [...]
"Je l'ai dit, c'est un véritable choix de société que nous avons à faire: servir en premier les plus forts ou bien les plus faibles. Et c'est ce choix qui détermine la grandeur ou la bassesse d'une famille, d'une tribu, d'un pays ou d'une civilisation."

Ce sont ces valeurs, que l'on peut avoir même sans être croyant, qui m'attirent plutôt vers les idées de gauche que vers les idées de droite. La droite essaie d'ailleurs toujours de se défendre de promouvoir l'individualisme et l'égoïsme, en invoquant des raisons pragmatiques ("nous sommes juste réalistes"), mais les résultats sont clairs !
Alors je me suis toujours demandé comment on pouvait être à la fois chrétien et de droite, à moins de ne pas avoir compris le message de partage et de solidarité du Christ...