Showing posts with label moral. Show all posts
Showing posts with label moral. Show all posts

Monday, September 16, 2013

De la nécessité morale de bien communiquer

« Une mauvaise écriture est une des formes du mépris qu’on a pour autrui; car elle prouve qu’on attache plus de prix à son propre temps qu’à celui des autres. »

Hugo de Groot

Tuesday, December 8, 2009

Actively resisting

Six degrees by Mark Lynas is the most poignant wake-up call for humanity about fighting global warming that I have read so far. Sometimes it sounds like science fiction, as the possible consequences of a runaway global warming are almost beyond imagination. But it is all based on hard science (Mark Lynas does not invent anything, he draws everything from the scientific litterature), from the state-of-the-art computer projections to the lessons from the past buried in sediments and ice cores.

I would like to reproduce here his vivid conclusion for his chapter "six degrees", as a reminder of what is at stake at the on-going Copenhagen conference.

"Extreme global warming may not be a survival crisis for humanity as a species, but it will certainly be a survival crisis for most humans unfortunate enough to inhabit a rapidly warming planet, and that situation is surely bad enough. Stalin was wrong to say that a million deaths is merely a statistic; that is one of the reasons why he is still hated today. Every human death, of every baby, every mother, every brother, father, or sister, will be a unique tragedy about which the whole world should grieve - not the least because such an outcome is still today avoidable. [...]
So far as we yet know, Earth is the only planet in the entire universe that has summoned forth life in all its brilliance and variety. To knowingly cut this flowering short is undoubtedly a crime, one more unspeakable even than the cruelest genocide or most destructive war. If each person is uniquely valuable, each species is surely more so. I can see no excuses for collaborating in such a crime. As the postwar Nuremberg trials established, ignorance is no defense, nor is merely following orders. To me the moral path lies not in passively accepting our destructive role, but in actively resisting such a horrendous fate.
As I stated at the beginning of this book, nothing in the future is set in stone. We still have the power - though it diminishes every day - to alter te ending of this terrible drama. It need not yet end in tragedy, and to make this point more clearly the next and final chapter will examine our options for avoiding each successive degree rise in temperature. There, and only there, hope lies.
As Dylan Thomas wrote:

Do not go gentle into that good night,
Old age should burn and rave at close of day;
Rage, rage against the dying of the light."

Tuesday, October 27, 2009

Cleaning up after ourselves

"Fixing climate by taking carbon dioxide back out of the atmosphere is not the same as fixing climate by putting sulfur dioxide in. It is not "geoengineering". It is much more conservative than that. Our problem with carbon dioxide is an unintended consequence of a long series of fantastic inventions - from trains, planes, and automobiles to electric light, television, and computers - that have collectively liberated the citizens of industrialized countries from want and physical labor, lengthened their lives, and enriched them tremendously. Billions of people on Earth, the kind of people who must still carry their water from a distant well or their firewood from a distant copse, remain eager for that kind of liberation. The moral strain, if there is one, lies not in our having achieved what we have by burning fossil fuels; it lies in not taking responsibility for the consequences. That's what capturing CO2 out of the air does - in such a way, unlike SO2 injection, as to minimize the danger of further unintended consequences. It is not a "technical fix" that allows us to burn more fossil fuels, any more than sewage systems allow us to eat more. It is merely cleaning up after ourselves."

Wallace Broecker and Robert Kunzig, "CO2 - Fixing Climate", chapter "Fixing climate".

Thursday, November 27, 2008

Ni ange ni bête

"L'homme n'est ni ange ni bête, et le malheur veut que qui veut faire l'ange fait la bête.*

J'en ai fait l'expérience. J'ai longtemps couru vers une sainteté exemplaire, conformément au modèle que je me faisais de Thérèse d'Avila, la grande mystique. Je me battais contre le mur de mes défauts et j'enrageais de rester en échec. J'oserais dire que c'est un cas classique, je l'ai souvent rencontré. Il me semble même que la perfection d'une morale laïque, comme celle d'André Comte-Sponville, ne peut aboutir. Pourquoi ? Tout simplement parce que c'est vouloir sortir de la condition humaine. Il m'a fallu des années pour me rendre compte que je portais en moi, dans ma peau, dans mon corps, mon coeur, mon âme, un noyau inextricable de bon et de mauvais."

Soeur Emmanuelle, Vivre, à quoi ça sert ?, chapitre "Tout est un, l'un est en l'autre, comme les Trois Personnes".

* Blaise Pascal, Pensées.

Wednesday, July 9, 2008

Il y a autant de religions que d'individus

"En fait la religion devrait marquer chacune de nos actions. Il ne faut voir là aucun sectarisme, mais la croyance que l'univers est gouverné par des règles morales. Qu'on ne puisse pas le voir de ses yeux, n'enlève rien à leur réalité. Cette religion-là transcende l'hindouisme, l'islam, le christianisme, etc. Elle ne les remplace pas. Elle les harmonise et leur confère la réalité qui les caractérise.

Les religions représentent des routes différentes qui convergent au même point. Peu importe si nos chemins ne sont pas les mêmes, pourvu que nous atteignons le même but. A vrai dire, il y a autant de religions que d'individus. [...]

Dieu a créé différentes religions, tout comme Il a créé leurs adeptes. Comment donc pourrais-je concevoir par-devers moi que la foi de mon voisin soit inférieure, et souhaiter qu'il se convertisse à ma religion ? Si je suis vraiment un ami loyal, je ne peux que prier pour lui souhaiter de vivre en parfait accord avec sa propre foi. Il y a plusieurs demeures dans le royaume de Dieu et elles sont toutes aussi saintes.[...]

Je me méfie de ceux qui proclament leur foi aux autres, surtout lorsqu'ils ont en vue de les convertir. La foi n'est pas faite pour qu'on en parle mais pour qu'on la vive. Alors, d'elle-même, elle se propage."

Mohandas Gandhi, Tous les hommes sont frères, chapitre "Religion et vérité".

Ah Gandhi, que je suis heureux de lire ça!
Si seulement tous les croyants de toutes les religions avaient compris cela, combien de guerres et d'atrocités auraient pu et pourraient être évitées ?

Thursday, June 26, 2008

Tolérance

"Je ne porte pas de jugements sur le monde et ses méfaits. Étant moi-même imparfait et ayant besoin de tolérance et de charité, je tolère à mon tour les défauts du monde jusqu'à ce que je trouve ou ménage le joint qui me permettra d'y porter remède."

Mohandas Gandhi, Tous les hommes sont frères, chapitre "En guise d'autobiographie".

Thursday, June 19, 2008

Ahimsa

Gandhi nous propose sa vision pragmatique et authentique de la non-violence, à l'opposé d'une vision dogmatique qui voudrait qu'il soit interdit de donner la mort au nom de la non-violence:

"Il y a quelques jours, à l'ashram, un veau qui s'était blessé, gisait sur le sol, en pleine agonie. L'animal avait reçu tous les soins possibles. Mais, selon le vétérinaire que nous avions consulté, le cas était désespéré. La pauvre bête souffrait tellement que le moindre mouvement la faisait hurler de douleur.
Dans ces circonstances, j'estimais que la pitié la plus élémentaire exigeait qu'on mît fin à cette agonie en achevant l'animal. La question fut soulevée en présence de tous les membres de l'ashram. Au cours de la discussion, un voisin fort estimable s'opposa avec véhémence à ma suggestion. Selon lui, on n'a pas le droit de détruire ce qu'on est incapable de créer. Cet argument aurait été valable si on agissait en l'occurrence dans un intérêt égoïste. Mais ce n'était pas le cas. Finalement, en toute humilité mais sans la moindre hésitation, je fis donner le coup de grâce à l'animal en demandant au vétérinaire de le piquer. Ce fut l'affaire de deux minutes.
Je savais que l'opinion publique, surtout à Ahmedabad, me désavouerait et verrait dans mon acte un manquement à l'ahimsa. Mais je sais non moins bien qu'il faut faire son devoir sans se soucier de l'opinion des autres. J'ai toujours considéré que chacun devait agir selon sa propre conscience, même si les autres vous donnent tort. L'expérience a confirmé à mes yeux le bien-fondé de ce principe. C'est ce qui fait dire au poète: « le sentier de l'amour passe par l'épreuve du feu; les timorés s'en détournent ». Le sentier de l'ahimsa, c'est-à-dire de l'amour, doit souvent être parcouru en toute solitude.
On pourrait, non sans raison, me poser la question: Auriez-vous procédé de la même manière si, au lieu d'un veau, vous aviez eu affaire à un être humain? Aimeriez-vous qu'on vous traite de la même façon? Je réponds: « oui ». Le même principe vaut pour ces deux cas. Ce qui s'applique à une situation doit être applicable à toutes. Cette règle ne souffre aucune exception, ou alors le fait de tuer ce veau était un acte mauvais et violent. Toutefois, si on n'abrège pas les souffrances des êtres qui nous sont chers, en mettant un terme à leurs jours, c'est qu'en général on dispose d'autres moyens pour les secourir et qu'ils peuvent eux-mêmes décider en connaissance de cause. Mais, supposons qu'un ami se débatte dans les affres de l'agonie. Le mal dont il souffre est incurable et je ne peux rien pour atténuer son supplice. Dans ce cas, s'il n'a même plus de conscience réfléchie, le recours à l'euthanasie ne me semblerait nullement contraire aux principes de l'ahimsa.

Mohandas Gandhi, Tous les hommes sont frères, chapitre "En guise d'autobiographie".

Thursday, February 21, 2008

Critique psychanalytique du capitalisme

"Voici où le bât blesse: l'économie capitaliste propose aux individus une jouissance narcissique extraordinairement élevée. La pulsion de mort a intégré le lieu où elle ne devait pas entrer. La publicité, l'appel à la consommation exacerbée, au gaspillage, relèvent de cette pulsion. La conscience morale, qui fait qu'une partie du moi s'oppose au reste du moi comme surmoi, cette conscience morale, qui crée la culpabilité, est maintenant habitée par un parasite qui ne dit plus «Tu ne dois pas jouir» mais «Tu dois posséder et jouir». Ce parasite ronge notre conscience, l'affaiblit comme un virus affaiblirait nos défenses immunitaires. Une phrase comme «Le niveau de vie des Américains n'est pas négociable»* est tout simplement insensée. Elle dit: «Tu dois jouir et malheur à qui s'oppose à toi.» On mesure le déchirement des humains à qui l'on tient le double discours: 1) du sentiment de culpabilité et 2) de la culpabilisation de la culpabilité (ne te sens pas coupable, jouis sans entraves, jouis de la destruction du monde, demeure un enfant.)
Demeure un enfant: voilà en trois mots le langage économique. Soyez égoïstes, dit l'économie. Et elle déchire la culture, alors que celle-ci est altruiste, communautaire. La survie de la communauté et de l'espèce suppose le triomphe d'Éros sur Thanatos. Or, c'est le second qui est constamment poussé, mis en avant, sollicité et attisé par le capitalisme."

Bernard Maris, dans l'Antimanuel d'économie. 2. Les cigales, chapitre "La pulsion de mort au coeur du capitalisme".

*"The American way of life is not negotiable", George W. Bush (senior) in 1992 at the Earth Summit in Rio de Janeiro, Brazil.
(note added by me).

Sunday, February 17, 2008

Morale et évolution

"L'altruisme et la coopération posent la question fondamentale de la réversion: pourquoi la loi de la jungle n'existe-t-elle pas chez les humains ? Pourquoi ne favorisent-ils pas l'élimination des plus faibles ? Seuls les barbares ou les nazis cherchent à supprimer les handicapés.
La réponse se trouve chez Darwin.[...]
La morale devient un effet de l'évolution qui conduit paradoxalement à résister à l'élimination des moins aptes. Dans La Filiation de l'homme (1871), Darwin souligne que le haut niveau de nos capacités intellectuelles et les instincts sociaux sont, avec d'autres sentiments, comme la compassion apportée aux faibles, le regret, le remords, bref, la culture, un héritage animal que l'évolution a développé. La morale a apporté à l'homme un avantage adaptatif décisif. «Le secours aux démunis, l'aide aux handicapés en compensant leurs handicaps, multiplient les liens avec autrui dans un horizon sans cesse grandissant.»* Autrement dit, pour reprendre un mot de Patrick Tort, «la sélection naturelle sélectionne la civilisation qui s'oppose à la sélection naturelle. Pour cette raison, l'homme est un aboutissement - et une impasse». Ainsi, au fur et à mesure de l'évolution, apparaissent des comportements anti-éliminatoires et antisélectifs qui éloignent l'homme de son origine animale et assurent son triomphe. La morale est ainsi «une antinature issue de la nature elle-même».*

* Yvon Quiniou, «L'effet réversif de l'évolution», in Sciences et Avenir, hors-série, mai 2003.

Bernard Maris, dans l'Antimanuel d'économie. 2. Les cigales, chapitre "Les infortunes d'homo oeconomicus: la servitude volontaire".