"D'une vie entière inutile, il n'y aura eu que l'amour qui brille".
Mano Solo, "Des années entières", Rentrer au port.
Mano, j'ai enfin eu le plaisir de te voir et t'entendre en concert ce soir.
Ta voix a rempli l'Olympia et ma tête.
Pas très sympa par contre d'avoir gueulé sur ce pauvre fan qui chantait a tue-tête avec toi... Mais bon, c'est ton caractère, c'est sûrement pour ça que tu nous ponds des chansons comme tu le fais!
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Thursday, November 12, 2009
Thursday, August 13, 2009
Naked
"As they say in the Sikh religion - once you realize God knows everything, you're free. I had been through many years of psychoanalysis and still I had managed to keep private places in my head - I wouldn't say they were big, labeled categories, but they were certain attitudes or feelings that were still very private. And suddenly I realized that he knew everything that was going on in my head, all the time, and that he still loved me. Because who we are is behind all that."
Ram Dass, Remember: Be Here Now, chapter "Ashtanga Yoga".
Ram Dass, Remember: Be Here Now, chapter "Ashtanga Yoga".
Sunday, May 3, 2009
Lorsque l'Enfant Paraît
Applaudit à grands cris.
Son doux regard qui brille
Fait briller tous les yeux,
Et les plus tristes fronts, les plus souillés peut-être,
Se dérident soudain à voir l'enfant paraître,
Innocent et joyeux.
Soit que juin ait verdi mon seuil, ou que novembre
Fasse autour d'un grand feu vacillant dans la chambre
Les chaises se toucher,
Quand l'enfant vient, la joie arrive et nous éclaire.
On rit, on se récrie, on l'appelle, et sa mère
Tremble à le voir marcher.
Quelquefois nous parlons, en remuant la flamme,
De patrie et de Dieu, des poètes, de l'âme
Qui s'élève en priant ;
L'enfant paraît, adieu le ciel et la patrie
Et les poètes saints ! la grave causerie
S'arrête en souriant.
La nuit, quand l'homme dort, quand l'esprit rêve, à l'heure
Où l'on entend gémir, comme une voix qui pleure,
L'onde entre les roseaux,
Si l'aube tout à coup là-bas luit comme un phare,
Sa clarté dans les champs éveille une fanfare
De cloches et d'oiseaux.
Enfant, vous êtes l'aube et mon âme est la plaine
Qui des plus douces fleurs embaume son haleine
Quand vous la respirez ;
Mon âme est la forêt dont les sombres ramures
S'emplissent pour vous seul de suaves murmures
Et de rayons dorés !
Car vos beaux yeux sont pleins de douceurs infinies,
Car vos petites mains, joyeuses et bénies,
N'ont point mal fait encor ;
Jamais vos jeunes pas n'ont touché notre fange,
Tête sacrée ! enfant aux cheveux blonds ! bel ange
À l'auréole d'or !
Vous êtes parmi nous la colombe de l'arche.
Vos pieds tendres et purs n'ont point l'âge où l'on marche.
Vos ailes sont d'azur.
Sans le comprendre encor vous regardez le monde.
Double virginité ! corps où rien n'est immonde,
Âme où rien n'est impur !
Il est si beau, l'enfant, avec son doux sourire,
Sa douce bonne foi, sa voix qui veut tout dire,
Ses pleurs vite apaisés,
Laissant errer sa vue étonnée et ravie,
Offrant de toutes parts sa jeune âme à la vie
Et sa bouche aux baisers !
Seigneur ! préservez-moi, préservez ceux que j'aime,
Frères, parents, amis, et mes ennemis même
Dans le mal triomphants,
De jamais voir, Seigneur ! l'été sans fleurs vermeilles,
La cage sans oiseaux, la ruche sans abeilles,
La maison sans enfants !
Victor Hugo
Je dédicace ce poème (envoyé par ma soeur Lauriane pour l'occasion) à mon fils, Anaël, né le 1er mai 2009.
Tuesday, November 25, 2008
Ce que l'amour est
"L'amour est mystère : il n'est ni ici ni là. Il est mystère parce qu'il est "mouvement". Et il est mouvement parce qu'il est relation. La relation, cela ne se laisse pas saisir, ni maîtriser, ni posséder. La relation, elle ne tient ni à toi, ni à moi, mais au mystère entre nous. Elle est la réciprocité du mouvement de chacun qui sort de soi vers l'autre."
Soeur Emmanuelle, Vivre, à quoi ça sert ?, chapitre "Le mouvement d'amour".
Soeur Emmanuelle, Vivre, à quoi ça sert ?, chapitre "Le mouvement d'amour".
Monday, November 24, 2008
Travailler à son propre bonheur et à celui des autres
"L'acte pur, le don gratuit à 100 %, existe-t-il ? La réponse est non. Notre nature cherche son épanouissement. Elle contient en elle-même la soif de jouir et de posséder, de "se faire mousser", comme elle contient aussi l'élan du don, du service, de la compassion. Tout cela est inextricable. L'idéal, me semble-t-il, est de travailler dans le même mouvement à son propre bonheur et à celui des autres. Ne te creuse pas trop la tête, Emmanuelle, essaye de t'oublier davantage en cessant d'être obnubilée par tes propres contradictions. Essaye de t'accepter, humaine, pétrie de grandeur et de misère. Reçois-toi telle que tu es, tout bonnement, en tirant la meilleure part de tes défauts comme de tes qualités. Et yalla, en avant pour le service !"
Soeur Emmanuelle, Vivre, à quoi ça sert ?, chapitre "Le mouvement d'amour".
Soeur Emmanuelle, Vivre, à quoi ça sert ?, chapitre "Le mouvement d'amour".
Thursday, November 20, 2008
Ce que l'amour n'est pas
"Mais c'est la vie de couple, surtout, qui n'est pas satisfaisante. Parfois, ça colle très bien, mais souvent, ça ne marche pas. En effet, les manières d'aimer de l'homme et de la femme sont différentes. Or chacun attend d'être aimé à sa manière, chacun souhaite que l'autre réponde à ses propres attentes. On ne sort pas du cercle de l'ego. Beaucoup d'amours ne sont ainsi que des mouvements de soi à soi.
Pour autant, la charité est-elle le mouvement inverse ? Serait-elle à chercher dans une sorte d'oubli de soi, de négation de ses propres attentes, de ses désirs ? On me parle de sacrifice, ça me fait rigoler ! Quand on aime, il n'y a pas de sacrifice, mais une dilatation. Le sacrifice, c'est encore de l'égoïsme pur. Celui ou celle qui prétend se sacrifier ne fait que construire l'idole de soi-même, sa statue héroïque de sainte-Nitouche que les autres doivent élever sur l'autel dressé à sa propre gloire."
Soeur Emmanuelle, Vivre, à quoi ça sert ?, chapitre "Le mouvement d'amour".
Pour autant, la charité est-elle le mouvement inverse ? Serait-elle à chercher dans une sorte d'oubli de soi, de négation de ses propres attentes, de ses désirs ? On me parle de sacrifice, ça me fait rigoler ! Quand on aime, il n'y a pas de sacrifice, mais une dilatation. Le sacrifice, c'est encore de l'égoïsme pur. Celui ou celle qui prétend se sacrifier ne fait que construire l'idole de soi-même, sa statue héroïque de sainte-Nitouche que les autres doivent élever sur l'autel dressé à sa propre gloire."
Soeur Emmanuelle, Vivre, à quoi ça sert ?, chapitre "Le mouvement d'amour".
Tuesday, November 18, 2008
L'ordre infini de l'amour
"Tous les corps ensemble, et tous les esprits ensemble, et toutes leurs productions, ne valent pas le moindre mouvement de charité. Cela est d'un ordre infiniment plus élevé."
Blaise Pascal, Pensées, cité par Soeur Emmanuelle, Vivre, à quoi ça sert ?, chapitre "Le mouvement d'amour".
Blaise Pascal, Pensées, cité par Soeur Emmanuelle, Vivre, à quoi ça sert ?, chapitre "Le mouvement d'amour".
Sunday, November 16, 2008
La métaphore de l'enfance
"La sagesse nous envoie à l'enfance.* [...]
La métaphore de l'enfance signifie un état, et non un âge, qui ne connaît pas la libido, qui n'est pas inconsciemment avide de s'emparer de la jouissance, de s'emparer de l'autre, mais qui s'offre ingénument, avec confiance. Cet état ne dépend pas des années brèves ou longues, il se manifeste chez celui ou celle qui fait l'expérience de la faiblesse, de l'impuissance radicales et inhérentes à la nature humaine. Vanité, néant que les possessions de la matière ! Elles m'avaient éblouie. Vanité même que les acquisitions de la raison raisonnante ! Elles avaient été ma fierté.
J'allais vivre enfin l'esprit d'enfance pour sortir du doute et du divertissement, pour combler le vide qu'ils avaient créé en moi. Je reprends doucement, sereinement, les étapes passées de mon itinéraire. Je constate que l'étau du vide s'est desserré chaque fois que ma vie a pris le sens du service et du partage. [...]
Bienheureux ceux qui, sans relâche, deviennent enfants ! Ils se libèrent et se livrent à l'infini de l'amour."
Soeur Emmanuelle, Vivre, à quoi ça sert ?, chapitre "Libération".
* Blaise Pascal, Pensées
La métaphore de l'enfance signifie un état, et non un âge, qui ne connaît pas la libido, qui n'est pas inconsciemment avide de s'emparer de la jouissance, de s'emparer de l'autre, mais qui s'offre ingénument, avec confiance. Cet état ne dépend pas des années brèves ou longues, il se manifeste chez celui ou celle qui fait l'expérience de la faiblesse, de l'impuissance radicales et inhérentes à la nature humaine. Vanité, néant que les possessions de la matière ! Elles m'avaient éblouie. Vanité même que les acquisitions de la raison raisonnante ! Elles avaient été ma fierté.
J'allais vivre enfin l'esprit d'enfance pour sortir du doute et du divertissement, pour combler le vide qu'ils avaient créé en moi. Je reprends doucement, sereinement, les étapes passées de mon itinéraire. Je constate que l'étau du vide s'est desserré chaque fois que ma vie a pris le sens du service et du partage. [...]
Bienheureux ceux qui, sans relâche, deviennent enfants ! Ils se libèrent et se livrent à l'infini de l'amour."
Soeur Emmanuelle, Vivre, à quoi ça sert ?, chapitre "Libération".
* Blaise Pascal, Pensées
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Saturday, October 18, 2008
Convergent and divergent problems
"[We must] recover the awareness that there are higher and lower levels of knowledge. The lower level deals with what [Schumacher] termed "convergent" problems, that are solvable through logic or scientific research. "Divergent" problems, on the other hand, are those that require accomodating irreconcilable things in ways that challenge our central convictions. They require us to know that what we believe can only be resolved by a higher level of reasoning grounded in "love, beauty, goodness, and truth"."
David Orr, commentary in E.F. Schumacher Small is beautiful.
I am a person who likes when a problem can be solved by logic (that's why I chose to become a researcher), and hates when it cannot, because then I don't know which of the many possible solutions to choose, and whether I will choose the best one. This is when you have to listen to our heart, and put your reason on the side.
David Orr, commentary in E.F. Schumacher Small is beautiful.
I am a person who likes when a problem can be solved by logic (that's why I chose to become a researcher), and hates when it cannot, because then I don't know which of the many possible solutions to choose, and whether I will choose the best one. This is when you have to listen to our heart, and put your reason on the side.
Tuesday, July 29, 2008
Des différences d'opinion
"Les différences d'opinion ne devraient jamais susciter d'hostilité. Si tel était le cas, ma femme et moi nous serions des ennemis jurés. Je ne connais pas deux personnes au monde qui soient en tous points du même avis, et, en tant que disciple de la Gita, je me suis toujours efforcé d'avoir pour ceux qui ne partagent pas mes opinions l'affection que je nourris pour les êtres qui me sont les plus proches et les plus chers."
Mohandas Gandhi, Tous les hommes sont frères, chapitre "Le peuple et la démocratie".
Mohandas Gandhi, Tous les hommes sont frères, chapitre "Le peuple et la démocratie".
Thursday, June 19, 2008
Ahimsa
Gandhi nous propose sa vision pragmatique et authentique de la non-violence, à l'opposé d'une vision dogmatique qui voudrait qu'il soit interdit de donner la mort au nom de la non-violence:
"Il y a quelques jours, à l'ashram, un veau qui s'était blessé, gisait sur le sol, en pleine agonie. L'animal avait reçu tous les soins possibles. Mais, selon le vétérinaire que nous avions consulté, le cas était désespéré. La pauvre bête souffrait tellement que le moindre mouvement la faisait hurler de douleur.
Dans ces circonstances, j'estimais que la pitié la plus élémentaire exigeait qu'on mît fin à cette agonie en achevant l'animal. La question fut soulevée en présence de tous les membres de l'ashram. Au cours de la discussion, un voisin fort estimable s'opposa avec véhémence à ma suggestion. Selon lui, on n'a pas le droit de détruire ce qu'on est incapable de créer. Cet argument aurait été valable si on agissait en l'occurrence dans un intérêt égoïste. Mais ce n'était pas le cas. Finalement, en toute humilité mais sans la moindre hésitation, je fis donner le coup de grâce à l'animal en demandant au vétérinaire de le piquer. Ce fut l'affaire de deux minutes.
Je savais que l'opinion publique, surtout à Ahmedabad, me désavouerait et verrait dans mon acte un manquement à l'ahimsa. Mais je sais non moins bien qu'il faut faire son devoir sans se soucier de l'opinion des autres. J'ai toujours considéré que chacun devait agir selon sa propre conscience, même si les autres vous donnent tort. L'expérience a confirmé à mes yeux le bien-fondé de ce principe. C'est ce qui fait dire au poète: « le sentier de l'amour passe par l'épreuve du feu; les timorés s'en détournent ». Le sentier de l'ahimsa, c'est-à-dire de l'amour, doit souvent être parcouru en toute solitude.
On pourrait, non sans raison, me poser la question: Auriez-vous procédé de la même manière si, au lieu d'un veau, vous aviez eu affaire à un être humain? Aimeriez-vous qu'on vous traite de la même façon? Je réponds: « oui ». Le même principe vaut pour ces deux cas. Ce qui s'applique à une situation doit être applicable à toutes. Cette règle ne souffre aucune exception, ou alors le fait de tuer ce veau était un acte mauvais et violent. Toutefois, si on n'abrège pas les souffrances des êtres qui nous sont chers, en mettant un terme à leurs jours, c'est qu'en général on dispose d'autres moyens pour les secourir et qu'ils peuvent eux-mêmes décider en connaissance de cause. Mais, supposons qu'un ami se débatte dans les affres de l'agonie. Le mal dont il souffre est incurable et je ne peux rien pour atténuer son supplice. Dans ce cas, s'il n'a même plus de conscience réfléchie, le recours à l'euthanasie ne me semblerait nullement contraire aux principes de l'ahimsa.
Mohandas Gandhi, Tous les hommes sont frères, chapitre "En guise d'autobiographie".
"Il y a quelques jours, à l'ashram, un veau qui s'était blessé, gisait sur le sol, en pleine agonie. L'animal avait reçu tous les soins possibles. Mais, selon le vétérinaire que nous avions consulté, le cas était désespéré. La pauvre bête souffrait tellement que le moindre mouvement la faisait hurler de douleur.
Dans ces circonstances, j'estimais que la pitié la plus élémentaire exigeait qu'on mît fin à cette agonie en achevant l'animal. La question fut soulevée en présence de tous les membres de l'ashram. Au cours de la discussion, un voisin fort estimable s'opposa avec véhémence à ma suggestion. Selon lui, on n'a pas le droit de détruire ce qu'on est incapable de créer. Cet argument aurait été valable si on agissait en l'occurrence dans un intérêt égoïste. Mais ce n'était pas le cas. Finalement, en toute humilité mais sans la moindre hésitation, je fis donner le coup de grâce à l'animal en demandant au vétérinaire de le piquer. Ce fut l'affaire de deux minutes.
Je savais que l'opinion publique, surtout à Ahmedabad, me désavouerait et verrait dans mon acte un manquement à l'ahimsa. Mais je sais non moins bien qu'il faut faire son devoir sans se soucier de l'opinion des autres. J'ai toujours considéré que chacun devait agir selon sa propre conscience, même si les autres vous donnent tort. L'expérience a confirmé à mes yeux le bien-fondé de ce principe. C'est ce qui fait dire au poète: « le sentier de l'amour passe par l'épreuve du feu; les timorés s'en détournent ». Le sentier de l'ahimsa, c'est-à-dire de l'amour, doit souvent être parcouru en toute solitude.
On pourrait, non sans raison, me poser la question: Auriez-vous procédé de la même manière si, au lieu d'un veau, vous aviez eu affaire à un être humain? Aimeriez-vous qu'on vous traite de la même façon? Je réponds: « oui ». Le même principe vaut pour ces deux cas. Ce qui s'applique à une situation doit être applicable à toutes. Cette règle ne souffre aucune exception, ou alors le fait de tuer ce veau était un acte mauvais et violent. Toutefois, si on n'abrège pas les souffrances des êtres qui nous sont chers, en mettant un terme à leurs jours, c'est qu'en général on dispose d'autres moyens pour les secourir et qu'ils peuvent eux-mêmes décider en connaissance de cause. Mais, supposons qu'un ami se débatte dans les affres de l'agonie. Le mal dont il souffre est incurable et je ne peux rien pour atténuer son supplice. Dans ce cas, s'il n'a même plus de conscience réfléchie, le recours à l'euthanasie ne me semblerait nullement contraire aux principes de l'ahimsa.
Mohandas Gandhi, Tous les hommes sont frères, chapitre "En guise d'autobiographie".
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Monday, November 26, 2007
Aime aimer
"Aime aimer, ça te fera mal, mais aime encorer plus, près des plus petits et des plus faibles."
Abbé Pierre, "L'Abbé Pierre parle aux jeunes".
Abbé Pierre, "L'Abbé Pierre parle aux jeunes".
Thursday, October 11, 2007
Homme vs Nature ?
Extraits du débat "L'homme ou la Nature, faut-il choisir ?", dans "Philosophie Magazine", no 13 (oct 2007):
Philippe Descola:
"Il est quand même frappant de voir à quel point Montaigne, père de l'humanisme occidental, s'émerveille de la capacité de raisonnement des animaux. Il n'établit pas de différence de nature mais de degré entre humains et non-humains. Cette différence de degré plutôt que d'essence avec le monde non-humain conduit à remettre en question la dissociation tranchée qui s'est établie à l'âge moderne - soit après Montaigne, notamment sous l'impulsion de Descartes - entre nature et culture."
En lisant ceci, j'étais conforté dans mon idée que nous ne sommes pas si différents des animaux, étant seulement le plus évolué des animaux. Mais le point de vue suivant se défend aussi:
Luc Ferry:
"Qu'est-ce qui justifie qu'on attribue à l'humain des droits et une telle supériorité par rapport aux arbres ou aux animaux ? Qu'est-ce qui définit sa compétence en tant que seul être moral ? Les humanistes ont cherché un critère de différenciation moral, pas un critère lambda. On aurait pu en trouver mille: les animaux n'ont pas de téléphone portable, ils ne fument pas, ils ne font pas cuire la nourriture. Je crois que c'est Rousseau qui le premier formule le bon critère. Ce n'est pas le langage qui caractérise l'humanité, le language n'est pas un critère moral. Le fait qu'un être parle ou ne parle pas est important pour un ethnologue. Pour un moraliste, cela n'a aucune pertinence. De la même façon, ce n'est pas l'intelligence qui compte. Une personne trisomique 21 mérite autant de respect qu'Albert Eisntein. Le critère de Rousseau est la liberté, comme arrachement à la tradition et au code de la nature [...]
«Le programme de la nature s'impose à l'animal, tandis que l'homme s'arrache à la nature pour entrer dans l'histoire.»[...]
Comme le dit encore Vercors dans sa fable Les Animaux dénaturés (1952), pour porter un jugement de valeur, il faut être en écart par rapport à la nature. L'animal fait un avec la nature, l'homme fait deux et là est le secret de ses pouvoirs de destruction comme de protection..."
Cet argument rejoint celui des religions monothéistes, qui n'octroient une âme qu'aux êtres humains car ce sont les seuls à avoir la liberté d'aimer ou de haïr, de choisir le bien ou le mal.
Mais est-on si sûr qu'aucun animal n'ait cette faculté ?
Je pense par exemple à ces chiens qui se laissent mourir sur la tombe de leurs maîtres. Suivent-ils en cela le programme de la nature ? Ou au contraire ne montrent-ils pas une capacité à aimer, d'une façon dont bien des humains seraient incapables ?
Comme le dit Renaud dans sa chanson Baltique:
"Et dire que ça se veut chrétien
Et ça ne comprend même pas
Que l'amour dans le coeur d'un chien
C'est le plus grand amour qui soit
[...]
Je pourrais vivre dans la rue
Etre bourré de coups de pieds
Manger beaucoup moins que mon dû
Dormir sur le pavé mouillé
En échange d'une caresse
De temps en temps d'un bout de pain
Je donne toute ma tendresse
Pour l'éternité ou plus loin
Prévenez-moi lorsque quelqu'un
Aimera un homme comme moi
Comme j'ai aimé cet humain
Que je pleure tout autant que toi"
Philippe Descola:
"Il est quand même frappant de voir à quel point Montaigne, père de l'humanisme occidental, s'émerveille de la capacité de raisonnement des animaux. Il n'établit pas de différence de nature mais de degré entre humains et non-humains. Cette différence de degré plutôt que d'essence avec le monde non-humain conduit à remettre en question la dissociation tranchée qui s'est établie à l'âge moderne - soit après Montaigne, notamment sous l'impulsion de Descartes - entre nature et culture."
En lisant ceci, j'étais conforté dans mon idée que nous ne sommes pas si différents des animaux, étant seulement le plus évolué des animaux. Mais le point de vue suivant se défend aussi:
Luc Ferry:
"Qu'est-ce qui justifie qu'on attribue à l'humain des droits et une telle supériorité par rapport aux arbres ou aux animaux ? Qu'est-ce qui définit sa compétence en tant que seul être moral ? Les humanistes ont cherché un critère de différenciation moral, pas un critère lambda. On aurait pu en trouver mille: les animaux n'ont pas de téléphone portable, ils ne fument pas, ils ne font pas cuire la nourriture. Je crois que c'est Rousseau qui le premier formule le bon critère. Ce n'est pas le langage qui caractérise l'humanité, le language n'est pas un critère moral. Le fait qu'un être parle ou ne parle pas est important pour un ethnologue. Pour un moraliste, cela n'a aucune pertinence. De la même façon, ce n'est pas l'intelligence qui compte. Une personne trisomique 21 mérite autant de respect qu'Albert Eisntein. Le critère de Rousseau est la liberté, comme arrachement à la tradition et au code de la nature [...]
«Le programme de la nature s'impose à l'animal, tandis que l'homme s'arrache à la nature pour entrer dans l'histoire.»[...]
Comme le dit encore Vercors dans sa fable Les Animaux dénaturés (1952), pour porter un jugement de valeur, il faut être en écart par rapport à la nature. L'animal fait un avec la nature, l'homme fait deux et là est le secret de ses pouvoirs de destruction comme de protection..."
Cet argument rejoint celui des religions monothéistes, qui n'octroient une âme qu'aux êtres humains car ce sont les seuls à avoir la liberté d'aimer ou de haïr, de choisir le bien ou le mal.
Mais est-on si sûr qu'aucun animal n'ait cette faculté ?
Je pense par exemple à ces chiens qui se laissent mourir sur la tombe de leurs maîtres. Suivent-ils en cela le programme de la nature ? Ou au contraire ne montrent-ils pas une capacité à aimer, d'une façon dont bien des humains seraient incapables ?
Comme le dit Renaud dans sa chanson Baltique:
"Et dire que ça se veut chrétien
Et ça ne comprend même pas
Que l'amour dans le coeur d'un chien
C'est le plus grand amour qui soit
[...]
Je pourrais vivre dans la rue
Etre bourré de coups de pieds
Manger beaucoup moins que mon dû
Dormir sur le pavé mouillé
En échange d'une caresse
De temps en temps d'un bout de pain
Je donne toute ma tendresse
Pour l'éternité ou plus loin
Prévenez-moi lorsque quelqu'un
Aimera un homme comme moi
Comme j'ai aimé cet humain
Que je pleure tout autant que toi"
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Thursday, September 13, 2007
De l'évolution du monde
«Le monde ne tient, ne peut avancer, et ne peut se consommer, que sous l'action d'une puissance qui soit de l'espèce d'un "amour". Voilà pourquoi, autant je sympathise avec la foi "totalitaire" des fronts populaires, autant je me rends à l'évidence que leurs formes impersonnelles d'idéal ("l'Humanité, la Société", a fortiori la Race ou l'Empire des fascismes !), sans âme ni "figure", vont à tuer le bourgeon même de l'Évolution qu'ils veulent promouvoir et sauver.»
(Teilhard de Chardin, cité par Édith de la Héronnière dans "Teilhard de Chardin, une mystique de la traversée", chapitre "L'Énergie humaine")
(Teilhard de Chardin, cité par Édith de la Héronnière dans "Teilhard de Chardin, une mystique de la traversée", chapitre "L'Énergie humaine")
Monday, September 3, 2007
S'aimer humblement soi-même
"Il est plus facile que l'on croit de se haïr. La grâce est de s'oublier. Mais si tout orgueil était mort en nous, la grâce des grâces serait de s'aimer humblement soi-même"
(Bernanos, "Journal d'un curé de campagne", cité par Édith de la Héronnière dans "Teilhard de Chardin, une mystique de la traversée", chapitre "Le Tournant")
Pour l'instant je n'en suis qu'au premier stade...
(Bernanos, "Journal d'un curé de campagne", cité par Édith de la Héronnière dans "Teilhard de Chardin, une mystique de la traversée", chapitre "Le Tournant")
Pour l'instant je n'en suis qu'au premier stade...
Monday, July 9, 2007
L'amour
Un tres beau poème sur l'amour (Corinthiens, 1, 13):
"L'amour est longanime et serviable;
en lui ni jalousie, ni forfanterie, ni orgueil,
ni rien de malséant.
L'amour ne cherche pas son intérêt,
ignore la colère et la rancune,
ne se plaît pas dans l'injustice,
mais se réjouit de la vérité,
excuse tout, fait confiance en tout,
espère tout, endure tout.
L'amour jamais ne passe."
"L'amour est longanime et serviable;
en lui ni jalousie, ni forfanterie, ni orgueil,
ni rien de malséant.
L'amour ne cherche pas son intérêt,
ignore la colère et la rancune,
ne se plaît pas dans l'injustice,
mais se réjouit de la vérité,
excuse tout, fait confiance en tout,
espère tout, endure tout.
L'amour jamais ne passe."
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