Wednesday, June 4, 2008

Réfugiés climatiques

Voici à mon avis l'une des conséquences les plus graves du changement climatique:

"Quand une niche écologique se modifie pour des raisons climatiques, on assiste à ce que l'on appelle la dispersion des espèces qui y vivent pour s'adapter aux nouvelles conditions. Cela s'applique aussi aux hommes. En 2003, le rapport du GIEC* jette un pavé dans la marre: 200 millions de personnes seront déplacées d'ici à 2050 à cause du réchauffement climatique. Ce sont les réfugiés climatiques. Cette estimation, abondamment relayée par la presse, met en évidence les conséquences humaines des changements climatiques dans nos sociétés qui ne sont absolument pas préparées à encaisser de telles ondes de choc. Devant l'ampleur des problèmes annoncés - 200 millions de personnes ce n'est pas rien, essentiellement au Sud - et dans un contexte de raréfaction des ressources, la prise de conscience collective semble progresser, mais à petits pas...
Si les prévisions du GIEC se réalisent, déjà en moins de 40 ans nous devrons gérer des déplacements de populations plus importants que lors de la colonisation des Amériques du XVIe au XVIIIe siècle. Avec une différence notable: à l'époque l'Amérique offrait d'immenses territoires vides. La Terre d'aujourd'hui est surpeuplée, particulièrement au Sud où la croissance démograpique continue de battre son plein.
Il faut aussi noter que les zones les plus à risques, deltas des fleuves et plaines côtières, du fait de la montée des océans, sont parmi les zones les plus peuplées sur Terre, car c'est là, les terres étant les plus productives, que l'Homme s'est installé en premier.
Les stratégies que développent tous les pays riches pour garder les réfugiés et les immigrants à l'extérieur de leurs frontières, risquent de ne pas peser lourd face au caractère inéluctable et massif des migrations à venir (difficile de convaincre quelqu'un de rester chez lui quand sa survie est en cause...). A regarder les difficultés actuelles de l'Espagne et de l'Italie, aux avant-postes géographiques de l'Europe, à contenir des flux, pourtant encore bien limités, on peut légitimement se demander si nous aurons la capacité de gérer, humainement, cette émigration forcée de populations et de choisir notre immigration. Pour autant, contrairement aux idées reçues, ce sont les pays pauvres qui seront les premiers en ligne et qui supportent déjà l'essentiel de ces afflux massifs de réfugiés. Ces dix dernières années, 72% des demandeurs d'asile ont été accueillis dans des pays du Sud. Dans ces conditions, il serait naïf de croire que cette situation pourra perdurer sans conflits au sein même de ces Etats comme au plan international."

Geneviève Ferone, 2030, le krach écologique, chapitre "Démographie, croissance et environnement".

* Groupe Intergouvernemental sur l'Evolution du Climat.

Ceci montre bien la naïveté du concept d'immigration "choisie", cher à notre Président Nicolas Sarkozy, qui est un luxe que nous ne pourrons pas nous offrir pendant très longtemps encore sans conflits. Sans parler du fait que je trouve ce concept abominable...

2 comments:

Daniel said...

Que signifie pour toi le concept d'immigration choisie ? (du moins comment reformule tu ce que tu as compris de l'explication du président)

Cedric said...

En gros ca signifie pour moi "si tu peux nous etre utile (d'apres nos criteres propres d'utilite purement economiques et bornes), bienvenu, sinon reste chez toi, meme si ta famille habite ici ou que les conditions de vie sont insupportables chez toi, on s'en fout !"

Mais bon, je me trompe peut-etre, et tu vas surement m'eclairer la-dessus.