Tuesday, July 15, 2008

Limiter ses besoins

"La civilisation, au vrai sens du terme, ne consiste pas à multiplier les besoins, mais à les limiter volontairement. C'est le seul moyen pour connaître le vrai bonheur et nous rendre plus disponibles aux autres.

Il faut un minimum de bien-être et de confort ; mais, passé cette limite, ce qui devait nous aider devient source de gêne. Vouloir créer un nombre illimité de besoins pour avoir ensuite à les satisfaire n'est que poursuite du vent. Ce faux idéal n'est qu'un traquenard. Il faut savoir imposer une limite à ses propres besoins, physiques et même intellectuels, sinon la nécessité de les satisfaire devient recherche de la volupté. Nous devons nous arranger pour que nos conditions de vie, sur le plan metériel et culturel, ne nous empêchent pas de servir l'humanité, mission qui doit mobiliser toute notre énergie."

Mohandas Gandhi, Tous les hommes sont frères, chapitre "La maîtrise de soi".

De plus cela nous éviterait d'épuiser les ressources de notre planète trop rapidement !

4 comments:

Davy said...

Pas complètement d'accord. Si on suit ce raisonnement, on se contente de peu éduquer les hommes car trop de savoir est superflu (et il est vrai que savoir que tout finira en Big Crunch n'est pas forcément bon pour le moral).
Or je pense qu'il ne faut pas se donner de limites, et donner à un maximum de personnes une véritable vision "haut-niveau" pour redéfinir nos processus de production pour renouveler nos ressources et plus les consommer à perte.

Cedric said...

En effet, la limitation des besoins intellectuels ne me semble pas forcément nécessaire, et même peut-être néfaste, s'il s'agit de l'éducation, comme tu le mentionnes. En revanche, je suis d'accord avec Gandhi en ce qui concerne les besoins physiques. Les nouveaux besoins superflus que la publicité s'efforce de faire naître en nous, comme par exemple l'envie d'acquérir un 4x4 chez des citadins dont la voiture normale est déjà superflue étant donné l'accès facile aux transports en commun, sont non seulement inutiles mais nous détournent de la recherche de donner un sens à sa vie.

Autant le capitalisme est un moyen formidable de produire des biens nécessaires au bien-être du plus grand nombre de gens, ce qui devrait en faire une arme efficace pour lutter contre la pauvreté dans le monde, autant son problème intrinsèque est son absence d'auto-limitation, qui fait qu'une fois les besoins essentiels satisfaits pour une partie de la population, ceux-là mêmes qui détiennent les moyens de production, le capital, le surplus n'est pas utilisé à subvenir aux besoins de ceux qui manquent encore de l'essentiel, mais à gaver ceux qui ont déjà plus que le nécessaire. Dans ce sens, je pense que nous avons besoin effectivement de nous imposer nos propres limites. Comme le dit Gandhi, il y a assez de ressources dans le monde pour subvenir aux besoins de tous les hommes, mais pas assez pour la cupidité d'un seul homme.

Davy said...

"pas assez pour la cupidité d'un seul homme" : intrinsèquement, non, le niveau de cupidité dépend fortement de la société. Dans les sociétés primitives, l'objectif des ambitieux était d'être le chef de la tribu. Maintenant il s'agit d'être président du pays voire du continent et d'avoir une jolie chanteuse dans son lit, en passant se vacances sur un yacht, etc.
L'individualisme est coupable, oui. Mais la société également. Il y a une véritable responsabilité collective. Et une forte irresponsabilité aussi bien au niveau individuel que collectif !

Cedric said...

Je fais la distinction entre ambition et cupidité. On peut avoir l'ambition de devenir dirigeant pour améliorer la vie de ses concitoyens, sans pour autant être cupide, et inversement, on peut être cupide sans avoir aucune ambition autre qu'amasser de l'argent et des biens matériels, bien que dans ce cas avoir du pouvoir facilite l'accumulation.
Mais il est certain que lorsque les mécanismes qui régissent une société exacerbent la cupidité des gens, alors il y a une véritable irresponsabilité collective !